POUR ÉCRIRE A MARINA :
Marina Petrella - n° d’écrou 932940
Maison d’arrêt de femmes de Fresnes -
Allée des Thuyas - 94261 Fresnes
MARINA PETRELLA EST EN DANGER,
L’EXTRADER SERAIT UN CRIME !
Ecrire au Premier ministre pour demander l’application de la clause humanitaire
soit par voie électronique en ouvrant le lien http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrir
soit par voie postale : M. François Fillon, Premier ministre, Hôtel Matignon, 57, rue de Varenne 75700 Paris
« Monsieur le Premier ministre,
Marina Petrella, réfugiée italienne, installée en France depuis 1993 et mère d’une petite fi lle de 10 ans a été incacérée en août 2007. Elle est hospitalisée depuis plusieurs semaines à la demande des médecins de la prison de Fresnes. Depuis lors, sa situation de santé ne cesse de se détériorer. C’est pourquoi nous vous demandons instamment de ne pas l’extrader et d’appliquer la clause humanitaire de la convention d’extradition franco-italienne. »
Le 9 juin 2008, le gouvernement a fait connaitre sa décision d’extrader Marina Petrella, réfugiée en France depuis 15 ans. Le gouvernement motive sa décision en insistant sur la lourde peine à laquelle Marina a été condamnée par la justice italienne. Le gouvernement omet en revanche de préciser que cette condamnation pour des faits vieux de 25 ans remonte à 1993 : En 1993 l’Etat français, parfaitement informé de sa situation, lui a permis de s’installer ici, conformément à la politique d’accueil des réfugiés italiens mise en oeuvre par la France depuis le début des années 80.
Au fi l de ces 15 ans l’Etat français lui a délivré un titre de séjour, des diplômes reconnus et l’a employée dans des structures publiques...
Est-ce concevable qu’après 15 ans d’asile de fait, la France, d’un simple décret, balaye la vie d’une femme et de sa famille, sans aucune considération pour tout ce qu’elle a construit au cours de ces années ?
Une fois de plus, la vie d’une personne ne pèse pas bien lourd face aux exigences cyniques des Etats. Qu’il s’agisse de fl atter un pays voisin qui se montre toujours incapable de regarder en face son histoire sociale et de trouver une issue politique au confl it, ou qu’il s’agisse d’une mascarade d’antiterrorisme pour satisfaire une opinion publique sous l’emprise du discours sécuritaire, cette extradition est totalement inacceptable. Elle ne représente que la poursuite d’une vengeance infinie prônée par le populisme pénal comme mode de gouvernement.
Déjà, les dix mois d’enfermement au cours desquels Marina s’est vu, en dépit de toute logique, refuser une mise en liberté provisoire, ont miné sa santé physique et psychique. La séparation avec ses filles - la plus jeune est âgée de 10 ans -, la cruelle réalité carcérale que connaissent les détenues de Fresnes (l’une d’entre elles, Lucilia, est morte faute de soins l’hiver dernier), ajoutées à la perspective angoissante d’une détention sans fi n en Italie, l’ont amenée à un tel désespoir qu’elle a renoncé aux visites de ses proches et que ces dernières semaines, elle ne peut même plus s’alimenter normalement. Il s’agit d’une véritable « grève de la vie ».
L’état de dépérissement très grave qui découle de cette situation lui vaut aujourd’hui d’être hospitalisée pour la seconde fois (la première fut de sept semaines).